LES MALADIES RARES EN DERMATOLOGIE

Les maladies dermatologiques rares sont variées. Elles peuvent débuter dès l’enfance ou à l’âge adulte. Elles peuvent être d’origine génétique ou auto-immune.

La majorité des maladies de la peau concerne le développement (génodermatoses, incluant des anomalies génétiques constitutionnelles et somatiques) ou est à forte prédisposition génétique (exemples : nævus géants, maladies bulleuses auto-immunes (MBAI), malformations vasculaires, toxidermies sévères). Pour les maladies bulleuses auto-immunes ou les toxidermies sévères, elles surviennent à tout âge, même si l’âge adulte est le plus représenté.

Il est à noter que dans la majorité des cas, l’atteinte cutanée au cours des maladies rares de la peau n’est pas isolée. En effet, la maladie peut toucher spécifiquement d’autres organes, ou l’atteinte de l’organe peau peut retentir lourdement sur les autres organes. Une prise en charge multidisciplinaire, nécessitant une pluri-compétence et orchestrée par un dermatologue, se justifie donc naturellement. Cette prise en charge est médicale (dentiste, gastro-entérologue, ophtalmologue, ORL, stomatologue, …) et paramédicale (diététicien, équipe socio-éducative, infirmier, kinésithérapeute, psychologue…) avec de fortes collaborations déjà bien structurées et encore à développer.

NOS MALADIES DERMATOLOGIQUES RARES

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ALBINISME

L’albinisme oculo-cutané (AOC) est une maladie à transmission génétique qui se caractérise par un défaut de production de pigment (la mélanine) dans les cellules de la pigmentation (les mélanocytes).

Cette atteinte est généralisée et touche également les mélanocytes de l’œil, conséquence la plus gênante de la maladie car elle entraîne une malvoyance.

Le handicap (esthétique et risque accru de cancers) causé par la couleur de la peau et des cheveux ne doit pas être méconnu des médecins.

Les différents types d’AOC communs sont de transmission autosomique récessive et présentent des spécificités cliniques, épidémiologiques et moléculaires. On connaît quatre types principaux d’AOC associés à des anomalies génétiques spécifiques.

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ANGIO-ŒDÈME HÉRÉDITAIRE ET ACQUIS

Les angio-œdèmes bradykiniques les plus classiques sont associés à un déficit, héréditaire ou acquis, en C1 inhibiteur. Ils sont responsables de gonflements du visage, de la sphère ORL, des extrémités, des organes génitaux et de gonflements intestinaux douloureux.

Il convient de bien les distinguer des angio-œdèmes histaminiques car leur prise en charge thérapeutique est très différente. Plusieurs affections non liées au déficit en C1 inhibiteur sont en cours de description.

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CARCINOME NEURO-ENDOCRINE DE MERKEL

Le carcinome à cellules de Merkel est un cancer de la peau. Il est classé parmi les tumeurs neuro-endocrines cutanées rares.

Il a été décrit pour la première fois par TOKER en 1972.

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CUTIS LAXA

Le ou la cutis laxa signifie peau lâche. La peau apparaît comme inélastique redondante parce que le réseau élastique du derme fonctionne mal. Ce réseau élastique est commun à d’autres organes : poumon, vessie…

L’exploration des autres organes permettra de définir les syndromes.

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DERMATITE HERPÉTIFORME

La dermatite herpétiforme (DH) est l’expression cutanée d’une entéropathie au gluten s’apparentant à la maladie cœliaque (diagnostiquée par biopsie à l’endoscopie digestive haute). Les lésions cutanées, extrêmement prurigineuses, sont plus souvent des vésicules (microbulles) que des bulles.

La maladie cœliaque et la DH sont dues à des auto-anticorps anti-transglutaminase et anti-endomysium dosables dans le sang. La dapsone a un effet spectaculaire sur la DH, elle n’est pas active sur la maladie cœliaque qui doit être traitée par un régime sans gluten.

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DERMATOSE A IGA LINÉAIRE

Les dermatoses à IgA linéaires constituent un groupe hétérogène de maladies bulleuses auto-immunes qui ont en commun d’avoir des dépôts d’auto-anticorps de classe IgA, isolés ou prédominants, à la jonction épiderme-derme dans la peau et/ou épithélium-chorion dans les muqueuses.

Elles incluent des pemphigoïdes bulleuses à IgA, des pemphigoïdes cicatricielles à IgA, des épidermolyses bulleuses acquises à IgA. Elles sont parfois induites par un médicament : dans ce cas elles guérissent souvent à l’arrêt du médicament responsable.

Le traitement repose sur la dapsone ou les immunosuppresseurs si l’atteinte est plus sévère.

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DERMATOSE A IGA LINÉAIRE MÉDICAMENTEUSE

C’est une dermatose bulleuse auto-immune de la jonction dermo-épidermique faisant suite à la prise d’un médicament.

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DERMATOSE A IGM LINÉAIRE

Les maladies bulleuses auto-immunes à IgM se définissent par la présence d’un dépôt d’auto-anticorps de classe IgM à la jonction épiderme-derme dans la peau et/ou épithélium-chorion dans les muqueuses.

Elles sont exceptionnelles. Comme les maladies à IgA linéaires, elles forment un groupe hétérogène.

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DYSKERATOSE CONGÉNITALE

La dyskératose congénitale (DC) ou syndrome de Zinsser-Cole-Engman, est une maladie génétique rare, avec une prévalence estimée à 1 cas pour 1 million. Elle est potentiellement létale. Sa présentation clinique est variable d’un patient à l’autre. Elle se caractérise par l’association de 3 manifestations cutanéo-muqueuses : une pigmentation anormale de la peau, une dystrophie unguéale (épaississement des ongles) et une leucoplasie muqueuse (plaques blanches).

Les autres manifestions fréquemment associées sont des anomalies dentaires, des manifestations gastro-intestinales, génito-urinaires, neurologiques, ophtalmiques, pulmonaires et squelettiques et immunologiques .

Il existe un risque de développer une insuffisance médullaire (un défaut de production des globules et des plaquettes dans le sang) et des pathologies malignes ou pulmonaires fatales.

Plusieurs gènes sont connus à l’origine de la DC, mais chez certains patients la recherche de mutations dans ces gènes est non concluante ce qui laisse penser que d’autres gènes encore non connus, peuvent être aussi responsables de ce syndrome.

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DYSPLASIES ECTODERMIQUES

La dysplasie ectodermique correspond à un ensemble de plus de 180 maladies différentes. Leur point commun est la présence d’une anomalie dans au moins deux des dérivés suivants : dents, pilosité, ongles et sudation.

La forme la plus fréquente est la dysplasie ectodermique anhidrotique.

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ÉPIDERMOLYSES BULLEUSES ACQUISES

Les épidermolyses bulleuses acquises (EBA) sont des maladies bulleuses sous-épidermiques d’origine auto-immune qui doivent leur nom à leur ressemblance aux épidermolyses bulleuses héréditaires (EBH) dystrophiques.

Elles sont la conséquence de la fixation d’auto-anticorps dirigés contre le collagène VII (alors que dans les EBH dystrophiques l’anomalie porte sur le gène qui code la synthèse du collagène VII).

Il existe des formes à localisation cutanée prédominante et des formes à localisation muqueuse prédominante ou exclusive (bouche, anus, appareil génital, nez, gorge, oreilles, œil, œsophage). Les lésions évoluent en formant des cicatrices sur la peau et les muqueuses parfois de façon définitive. La fonction des organes atteints peut ainsi être altérée.

Le traitement repose le plus souvent sur les immunosuppresseurs.

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ÉPIDERMOLYSES BULLEUSES DYSTROPHIQUES

Les formes dystrophiques (EBD) se divisent en formes à transmission autosomique dominante ou récessive. Dans cette forme les bulles sont tendues, parfois hémorragiques, souvent de grande taille.

La cicatrisation est ralentie et anormale avec une peau atrophique et des grains de milium. Les muqueuses sont souvent atteintes ainsi que les ongles.

Dans les formes les plus sévères les complications sont nombreuses avec plusieurs types de rétractions articulaires, synéchies mains et pieds, dénutrition liées aux plaies et à l’inflammation chronique, amylose.

Le décès est prématuré dans les formes sévères et le plus souvent en rapport avec la survenue de carcinomes épidermoïdes cutanés agressifs.

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ÉPIDERMOLYSES BULLEUSES HÉRÉDITAIRES

Les épidermolyses bulleuses héréditaires sont un groupe hétérogène de génodermatoses caractérisées par une fragilité cutanée et/ou muqueuse localisée ou généralisée.

Elles sont dues à des mutations de gènes codant pour des protéines impliquées dans la jonction dermo-épidermique pour la plupart.

On distingue en fonction du niveau de clivage dans la peau du haut vers le bas les formes simples, jonctionnelles et dystrophiques auxquelles s’ajoute le syndrome de KINDLER.

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ÉPIDERMOLYSES BULLEUSES JONCTIONNELLES

Les formes jonctionnelles (EBJ) se divisent en formes localisées et généralisées sévères (EBJ Herlitz) ou intermédiaires (non Herlitz). Très rares, elles sont de transmission autosomique récessive.

Elles se caractérisent par des bulles tendues, parfois hémorragiques et un retard ou une absence de cicatrisation. Une atteinte muqueuse, dentaire (anomalie de l’émail) et unguéale est presque constante.

En fonction des formes, des atteintes extra-cutanées sont possibles (atrésie du pylore, atteinte pulmonaire, digestive, rénale…).

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ÉPIDERMOLYSES BULLEUSES SIMPLEX

Les formes simples (EBS) sont le plus souvent de transmission autosomique dominante. On distingue les formes suprabasales exceptionnelles en dehors de l’acral peeling skin syndrome, des formes basales par mutation des kératines 5 ou 14.

Les formes basales sont de sévérité variable allant de formes localisées aux pieds, douloureuses et invalidantes à des formes généralisées intermédiaires ou sévères (Dowling Meara) avec atteinte muqueuse et kératodermie palmoplantaire.

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ÉRYTHÈME PIGMENTÉ FIXE

L’érythème pigmenté fixe est une maladie dermatologique survenant dans les suites de la prise d’un médicament.

Il s’agit donc d’une toxidermie qui se caractérise par la survenue de plaques bien délimitées, arrondies de topographie cutanée et ou muqueuse, parfois bulleuses laissant une cicatrice pigmentée.

En cas de réexposition à la molécule responsable, la toxidermie récidive aux mêmes sites.

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ÉRYTHÈME PIGMENTÉ FIXE BULLEUX GÉNÉRALISÉ

L’érythème pigmenté fixe bulleux généralisé est une maladie dermatologique survenant dans les suites de la prise d’un médicament, avec une surface décollée de plus de 10%.

Il s’agit donc d’une toxidermie qui se caractérise par la survenue de plaques bien délimitées, arrondies de topographie cutanée et ou muqueuse, parfois bulleuses laissant une cicatrice pigmentée.

En cas de réexposition à la molécule responsable, la toxidermie récidive aux mêmes sites.

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ÉRYTHÈME POLYMORPHE

L’érythème polymorphe est une dermatose se caractérisant par la survenue de lésions bulleuses cutanées et ou muqueuses parfois récidivantes.

Cette entité survient dans les suites principalement d’une réactivation du virus herpès, ou d’un premier contact avec mycoplasma pneumoniae.

Il est exceptionnellement d’origine médicamenteuse. Il a longtemps été confondu avec le syndrome de Lyell et le syndrome de Stevens Johnson.

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GÉNODERMATOSES

Les génodermatoses sont des maladies génétiques qui s’expriment fortement au niveau de la peau. En fonction de l’anomalie génétique et des protéines anormales responsables de la maladie, d’autres organes peuvent être aussi atteints. Il existe un grand nombre de génodermatoses différentes (autour de 400), même si chacun de ces groupes de maladies est rare.

La prévalence des génodermatoses (nombre de cas de ces maladies présents à un moment donné par rapport à la population), toutes confondues, est entre 1 sur 6000 et 1 sur 500 000.

Le plus fréquemment , elles font leur apparition dès la naissance ou très tôt dans la vie, touchant parfois sévèrement les enfants. Les génodermatoses sont des maladies rares et peuvent parfois engager le pronostic vital.

Elles ont un grand impact dans la qualité de vie des patients et de leurs familles : exclusions sociales, handicap, courte espérance de vie pour un grand nombre d’entre elles.

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GÉNODERMATOSES PRÉDISPOSANT AUX CANCERS

Les génodermatoses prédisposant aux cancers constituent un large groupe d’affections dermatologiques ou à présentation dermatologique souvent rares, qui sont associées avec une fréquence élevée à la survenue de tumeurs malignes cutanées et/ou viscérales.

Elles sont peu ou mal connues, ce qui a pour conséquence un retard diagnostique préjudiciable à la prévention et au dépistage des éventuelles néoplasies associées. Pourtant le mode d’entrée de ces génodermatoses peut se diagnostiquer dans bon nombre de cas lors d’une consultation de dermatologie.

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HYPERPIGMENTATION

Ce terme signifie qu’il existe une modification de la couleur la peau qui est plus foncée que la peau normale. Cette modification de couleur est le plus souvent localisée.

Les diagnostics correspondant à cette hyperpigmentation sont par exemple les taches café au lait, les éphélides, les nævus (grains de beauté), les mosaïcismes pigmentaires etc…

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HYPOPIGMENTATION

En dehors des albinismes, de nombreuses affections peuvent se présenter par une ou des taches ou nappes blanches sur la peau, reflétant une anomalie du système pigmentaire.

En particulier, certaines maladies génétiques peuvent être révélées par une hypopigmentation (piébaldisme, sclérose tubéreuse de Bourneville, syndrome de Waardenburg ou hypomélanose de Ito entre autres).

Pour ces affections, il est important de consulter pour un diagnostic précis sur lequel repose la prise en charge adéquate du patient, qui inclut fréquemment le diagnostic moléculaire.

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HYPOTRICHOSES HÉRÉDITAIRES

Les hypotrichoses héréditaires constituent un groupe hétérogène de pathologies de la peau et du cuir chevelu qui se manifeste par l’absence de poils ou de cheveux.

Ces dysplasies pilaires peuvent être secondaires à des anomalies des protéines structurales (kératines), à des anomalies de facteurs de transcription régulant le cycle pilaire et à des anomalies de la morphogenèse du follicule pilaire.

Les hypotrichoses peuvent être congénitales ou apparaitre dans l’enfance. Elles peuvent être associées à des particularités morphologiques parfois caractéristiques du cheveu où les examens histologique et trichologique constituent des éléments clés dans la démarche diagnostique.

Elles peuvent s’associer à d’autres signes cutanés comme une kératose pilaire, une kératodermie palmoplantaire ou à des anomalies extra-cutanées qu’il est important de reconnaître pour la prise en charge et le suivi des patients.

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ICHTYOSES

Les ichtyoses héréditaires sont un groupe de maladies dans lesquelles les patients présentent des squames (peaux mortes) sur l’ensemble du corps, associées parfois à d’autres anomalies de la peau comme par exemple une rougeur généralisée.

Il peut aussi parfois exister des anomalies touchant d’autres organes (dans les formes dites syndromiques).

Toutes les ichtyoses sont des maladies génétiques dues à des mutations de gènes impliqués dans la formation de la peau, qui n’arrive plus à jouer son rôle de barrière naturelle .

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INCONTINENTIA PIGMENTI

L’incontinentia pigmenti est une maladie caractérisée par l’atteinte de la peau, des yeux et du système nerveux. L’atteinte cutanée est caractéristique dès les premiers jours de vie.

Les complications oculaires (décollement rétinien) et neurologiques (convulsions) sont rares.

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KÉRATODERMIES PALMO-PLANTAIRES

Les kératodermies plantaires héréditaires sont un groupe hétérogène de maladies (limitées à la peau ou associées à l’atteinte d’autres organes) qui ont comme point commun un épaississement localisé ou diffus de la peau des paumes et des plantes, associé ou non à des signes d’inflammations (rougeurs, fissures, démangeaisons).

La gêne esthétique ou fonctionnelle (douleurs, rétraction des doigts) peut être très importante, nécessitant des traitements locaux ou systémiques.

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LICHEN PLAN PEMPHIGOÏDE

Les lichens plan pemphigoïdes (LPP) se définissent comme l’association d’un lichen plan (cutané et/ou muqueux) et d’une pemphigoïde (cutanée et/ou muqueuse) prouvée par la présence d’auto-anticorps à la jonction épiderme-derme dans la peau et/ou épithélium-chorion dans les muqueuses.

La pemphigoïde apparaît en général après le lichen .

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LUPUS BULLEUX ACQUIS

Le lupus bulleux acquis correspond à une forme particulière de lupus marquée par des bulles et des anticorps dirigés contre le collagène VII.

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LYMPHŒDÈME HÉRÉDITAIRE

Les lymphœdèmes peuvent être constitutionnels liés à une anomalie génétique transmise ou à une néo-mutation, ou secondaires suite à une atteinte acquise du système lymphatique (traumatique, inflammatoire, traitement d’un cancer). Les lymphœdèmes héréditaires se manifestent parfois dès l’enfance, mais plus souvent à l’adolescence ou chez le jeune adulte.

Le diagnostic est clinique, étayé par des techniques d’imageries (échographie, lymphoscintigraphie, IRM).

Le traitement vise à réduire l’œdème et améliorer la qualité de vie. Il est basé sur la contention, les drainages lymphatiques manuels, les activités physiques et les consignes de prévention (des infections, de la prise de poids).

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MALADIES BULLEUSES AUTO-IMMUNES

Les maladies bulleuses auto-immunes sont l’ensemble des maladies bulleuses dont les lésions observées sont la conséquence de la fixation d’auto-anticorps dirigés contre des constituants de la peau et/ou des muqueuses du patient.

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MALADIE DE COWDEN

La maladie de Cowden ou syndrome des hamartomes multiples est une maladie génétique de transmission autosomique dominante qui prédispose à un risque élevé de développer des cancers. Elle se manifeste par des signes cutanés qui sont discrets mais fréquents : petites lésions du visage, lésions des mains et des pieds ressemblant à des verrues, lésions des gencives, lipomes et petites taches brunes dans la bouche ou sur les organes génitaux.

La maladie touche aussi de nombreux organes comme les seins (nodules, cancer), la thyroïde (nodules, goitre, cancer), l’utérus (fibromes, cancer), le tube digestif (polypes de l’estomac, du colon), les reins (kystes, cancer), le cervelet (maladie de Lhermitte-Duclos) et le crâne (augmentation de diamètre ou macrocéphalie).

Le diagnostic repose sur l’association de signes dermatologiques et de manifestations extra-cutanées et est confirmé par un test génétique (analyse du gène PTEN). Lorsque ce diagnostic est certain chez un patient, il convient de dépister d’autres cas en réalisant une enquête familiale.

La prise en charge des malades consiste en une surveillance régulière des organes cibles (seins, thyroïde, tube digestif, utérus, ovaires, reins) afin de dépister précocement le développement de cancers.

Le traitement consiste à prendre en charge les tumeurs malignes. Certains signes cutanés peuvent être améliorés par des médicaments oraux (rétinoïdes).

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MALADIE DE DARIER

La maladie de Darier est une maladie génétique de transmission autosomique dominante dont l’évolution est intermittente et chronique. Elle se manifeste par des lésions sèches et brunes de la peau touchant surtout le décolleté, le dos, la nuque, le front et les oreilles. Il peut exister des anomalies des ongles.

Les lésions cutanées peuvent être malodorantes et sont favorisées par la chaleur et le soleil, expliquant des poussées en été. Elles apparaissent à l’adolescence. Le diagnostic repose sur la biopsie cutanée et est confirmé par un test génétique (analyse du gène ATP2A2).

En cas de lésions cutanées étendues, le traitement fait appel à des médicaments oraux (rétinoïdes).

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MALADIE DE HAILEY-HAILEY

La maladie de Hailey-Hailey est une maladie génétique cutanée de transmission autosomique dominante dont l’évolution est intermittente.

Elle se manifeste par des lésions de la peau à type de fissures prédominant dans les plis (aines, aisselles, entre les fesses) et touchant les organes génitaux. Ces lésions souvent douloureuses sont favorisées par la chaleur et les surinfections.

Elles apparaissent vers l’âge de 30 ans. Le diagnostic repose sur la biopsie cutanée et est confirmé par un test génétique (analyse du gène ATP2C1).

Le traitement n’est pas codifié. Il consiste à assécher les lésions et fait souvent appel aux dermo-corticoïdes. Dans les formes étendues, il peut être nécessaire de traiter les zones atteintes chirurgicalement (excision-greffe) ou par laser CO2.

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NÆVUS GÉANT CONGÉNITAL

Il s’agit de « grains de beauté » géants, de découverte assez stupéfiante pour les parents et les soignants à la naissance. Le risque de transmission héréditaire n’est pas établi pour les nævus congénitaux.

Il y a un risque faible mais démontré de complications (tumeur maligne dans le nævus et atteinte neurologique par des lésions identiques méningées).

Il est important de pouvoir évaluer calmement la situation avec les parents, et d’adresser les enfants rapidement pour un avis sur les possibilités de traitement chirurgical. Plusieurs éventualités sont discutées, l’abstention raisonnée pouvant être une possibilité.

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NÉCROLYSE ÉPIDERMIQUE TOXIQUE

Le syndrome de Stevens Johnson et syndrome de Lyell sont des toxidermies rares et sévères se caractérisant par des lésions bulleuses de topographie cutanée et ou muqueuse.

Ces syndromes correspondent à la même maladie et ne se différencient que par le pourcentage de surface atteinte. (Syndrome de Lyell > 30%, syndrome de chevauchement entre 10 et 30%, syndrome de Stevens Johnson <10 %).

Ils surviennent dans un délai de 4 à 28 jours après la prise d’un médicament dans la majeure partie des cas.

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NEUROFIBROMATOSES

La neurofibromatose I (NF1) ou Maladie de Von Recklinghausen est une maladie rare d’origine génétique. Les patients peuvent avoir plusieurs taches café au lait, des taches de rousseur au niveau des creux axillaires (lentigines), des taches sur l’iris (Nodules de Lisch) et des masses cutanées bénignes : les neurofibromes.

L’objet de la consultation est de surveiller le risque de complications : gliome des voies optiques, ou tumeurs sur le trajet des voies de la vision, difficultés scolaires, scoliose chez l’enfant, tumeurs chez l’adulte.

La neurofibromatose de type II (NF2) est une maladie génétique rare différente de la NF1. Le principal risque est celui des troubles de l’audition et de l’équilibre par atteinte de l’oreille. Il existe un risque de tumeurs de méninges (méningiome).

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PACHYONYCHIE CONGÉNITALE

La pachyonychie congénitale est une kératodermie palmo-plantaire souvent très épaisse et très douloureuse, avec un fort retentissement sur la marche.

Elle peut être associée de façon inconstante et variable à des ongles très épais, des kystes sur l’ensemble du tégument et des anomalies de la muqueuse buccale.

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PEMPHIGOÏDE BULLEUSE

La pemphigoïde bulleuse est une maladie de la peau d’origine auto-immune, ce qui signifie que l’organisme, suite à un dérèglement du système immunitaire, produit des anticorps contre votre propre peau (auto-anticorps).

Elle touche préférentiellement les personnes âgées et/ou atteintes de maladies neurologiques.

Les lésions sont localisées en général à la peau (rarement atteinte des muqueuses).

Elles se caractérisent par l’apparition de bulles (cloques) sur des plaques rouges (plaques érythémateuses), souvent à l’origine de démangeaisons intenses (prurit). Elles n’est ni héréditaire, ni contagieuse. Le diagnostic se fait par biopsie de peau et recherche des anticorps dans le sang.

Le traitement repose sur des applications de crème à la cortisone sur tout le corps pendant plusieurs mois. La maladie guérit généralement en 1 à 5 ans.

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PEMPHIGOÏDE CICATRICIELLE

La pemphigoïde cicatricielle appartient au groupe des pemphigoïdes des muqueuses. Il s’agit d’une maladie bulleuse auto-immune sous-épithéliale qui touche principalement les muqueuses buccale (80 à 90% des cas), oculaire (50 à 70%), pharyngolaryngée (8 à 20%), génitale (15%) et œsophagienne (4%).

Elle est rare (1 à 2 nouveaux cas par million d’habitants et par an en France). Une forme exclusivement cutanée, encore plus rare, est aussi décrite. Comme son nom l’indique, elle se caractérise par l’apparition de cicatrices qui peuvent avoir de graves conséquences au niveau des yeux, du larynx et de l’œsophage.

Le traitement repose sur la dapsone dans les formes peu sévères et les immunosuppresseurs dans les formes très sévères.

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PEMPHIGOÏDE DE LA GROSSESSE

Le pemphigoïde de la grossesse (PG) ou pemphigoïde gravidique, anciennement appelée herpès gestationis, est une maladie dont le principal facteur déclenchant est la grossesse.

C’est une maladie bulleuse de la peau, d’origine auto-immune. Ceci signifie que l’organisme, à la suite d’un dérèglement du système immunitaire, produit des anticorps contre sa propre peau (auto-anticorps).

C’est une maladie rare, une des plus rares maladies bulleuses auto-immunes. Elle n’est pas contagieuse (aucun rapport avec le virus de l’herpès). Elle n’est pas héréditaire.

Elle ne touche que les femmes en âge d’avoir des enfants (de procréer), dans le deuxième ou le troisième trimestre d’une grossesse et quelle que soit leur origine géographique, parfois l’éruption apparaît juste après l’accouchement.

La PG survient le plus souvent chez les femmes ayant déjà eu plusieurs grossesses. Les lésions sont proches de celles de la pemphigoïde bulleuse. Le traitement repose sur les corticoïdes en crème ou en comprimé. Le risque pour l’enfant est la prématurité et un petit poids de naissance. Lors des grossesses ultérieures, elle récidive dans la majorité des cas et plus précocement.

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PEMPHIGOÏDES DES MUQUEUSES

Ce terme de pemphigoïde des muqueuses regroupe plusieurs maladies très proches que sont la pemphigoïde cicatricielle, l’épidermolyse bulleuse acquise ou encore la dermatose à IgA linéaire avec atteinte muqueuse.

Il s’agit de maladies auto-immunes, c’est-à-dire liées à un dérèglement du système immunitaire. Celui-ci reconnaît comme étrangère une partie de l’organisme : ici il s’agit des muqueuses (bouche, parties génitales internes, anus, œsophage, œil) et parfois de la peau. Donc, il les attaque et cherche à les détruire.

Elles ne sont ni héréditaires, ni contagieuses. Ce sont des maladies chroniques.

Le traitement peut selon les cas reposer sur la dapsone ou parfois les immunosuppresseurs.

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PEMPHIGUS D'ORIGINE AUTO-IMMUNE

Les pemphigus d’origine auto-immune sont des maladies bulleuses de la peau et des muqueuses (bouche, parties génitales internes, anus..) dans lesquelles l’organisme, suite à un dérèglement du système immunitaire, produit des anticorps contre sa propre peau et/ou ses muqueuses (auto-anticorps).

Ils incluent les pemphigus vulgaire, les pemphigus superficiels et les pemphigus paranéoplasiques.

Ils ne doivent pas être confondus avec les pemphigus de Hailey-Hailey d’origine génétique. La maladie n’est ni héréditaire ni contagieuse. Ils se manifestent dans la bouche par des lésions douloureuses souvent confondues avec des aphtes et une gingivite. Sur la peau les bulles éclatent facilement et formes des croûtes. Le diagnostic se fait sur la biopsie de peau et sur la recherche d’anticorps dans le sang.

Le traitement repose sur des traitements par cortisone en comprimés pendant plusieurs années jusqu’à la guérison.

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PEMPHIGUS PARANÉOPLASIQUE

Les pemphigus paranéoplasiques sont les plus rares des pemphigus auto-immuns. Ils surviennent dans un contexte de néoplasie suspectée ou prouvée.

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PEMPHIGUS SUPERFICIEL

Les pemphigus superficiels font partie des pemphigus d’origine auto-immune. Ils n’affectent que la peau. En France, ils sont encore plus rares que les pemphigus vulgaires et sont appelés pemphigus séborrhéiques quand seuls le visage et/ou le tronc sont atteints et pemphigus foliacés quand les lésions sont diffuses.

Dans la littérature anglo-saxonne, ils sont toujours appelés pemphigus foliaceus. Le diagnostic se fait sur la biopsie de peau et sur la recherche des auto-anticorps dans le sang.

Le traitement repose sur des traitements par corticoïdes en comprimés +/- des immunosuppresseurs pendant plusieurs années jusqu’à la guérison.

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PEMPHIGUS VULGAIRE

Le pemphigus vulgaire fait partie des pemphigus d’origine auto-immune.

Il se caractérise par l’apparition de bulles et de plaies douloureuses sur la peau et/ou les muqueuses (bouche, narines, gorge, yeux, œsophage, muqueuses génitales ou (de) l’anus).

C’est une maladie rare qui touche très peu de personnes (1 à 2 nouveaux cas par million d’habitants et par an en France). Le diagnostic repose sur la biopsie de peau ou de muqueuse et la recherche d’auto-anticorps dans le sang.

Le traitement repose sur les corticoïdes en comprimés +/- les immunosuppresseurs pendant plusieurs années jusqu’à la guérison.

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POÏKILODERMIES

La poïkilodermie est une affection cutanée qui associe une atrophie de l’épiderme (diminution de l’épaisseur de la couche superficielle de la peau), une dyschromie (anomalie de la pigmentation de la peau) et des télangiectasies (dilatation des petits vaisseaux cutanés, formant des petites lignes rouges).

Il existe deux formes de poïkilodermie : la poïkilodermie congénitale et la poïkilodermie acquise au cours de la vie.

  • La poïkilodermie congénitale est rare et s’observe dès l’enfance. Elle est héréditaire et sa transmission est classiquement autosomique récessive (les 2 parents sont atteints de l’anomalie génétique même s’ils ne sont pas atteints eux-mêmes de la maladie) avec une apparition néonatale ou dans la petite enfance. Cet aspect prédispose à un cancer de la peau.Différentes génodermatoses, liées à des anomalies génétiques impliquant des protéines différentes, peuvent être responsables d’une poikilodermie. Elle n’est donc qu’une des manifestations cliniques de ces différentes maladies.

    C’est l’ensemble des signes cliniques associés et l’histoire familiale, qui permettent de mieux diagnostiquer dans quelle maladie s’intègre la poïkilodermie du patient et d’orienter la recherche moléculaire (anomalie génétique responsable de la maladie).

  • La poïkilodermie acquise apparaît plus tardivement dans la vie, souvent à l’âge adulte et correspond à un groupe hétérogène de maladies dermatologiques qui ne sont souvent pas des génodermatoses.
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PSEUDOXANTHOME ÉLASTIQUE (PXE)

Le pseudoxanthome élastique (PXE) associe des lésions cutanées (papules et plaques jaunâtres du cou et des grands plis) ayant un impact esthétique, une rétinopathie pouvant conduire à une cécité centrale et une artériosclérose précoce des artères de moyen calibre.

Le PXE est dû à une calcification précoce des fibres élastiques dans ces différents organes et tissus en rapport avec le déficit d’une ou plusieurs molécules anti-calcifiantes non encore identifiées.

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PUSTULOSE EXANTHÉMATIQUE AIGÜE GÉNÉRALISÉE

La pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG) est une maladie dermatologique survenant dans les suites de la prise d’un médicament.

C’est une toxidermie sévère se caractérisant par la survenue de fièvre, de placards rouges prédominant aux plis et de lésions pustuleuses.

Elle survient dans un délai souvent très court après la prise du médicament.

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SCLÉROSE TUBÉREUSE DE BOURNEVILLE

La sclérose tubéreuse de Bourneville est une maladie multi-systémique caractérisée par la présence d’ hamartomes (tumeurs bénignes) dans différents organes.

La peau, le système nerveux et le rein sont les organes plus fréquemment concernés. La sévérité de la maladie est essentiellement liée chez l’enfant au risque de convulsions et chez l’adulte à l’atteinte rénale.

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SYNDROME DE BAZEX-DUPRÉ-CHRISTOL

Le syndrome de Bazex-Dupré-Christol est une génodermatose rare prédisposant à la survenue précoce de carcinomes basocellulaires. La maladie se manifeste pendant la période néonatale ou dans la petite enfance.

Elle est caractérisée par une atrophodermie folliculaire, une hypotrichose, une hypohidrose, des grains de milium et par la survenue précoce de carcinomes basocellulaires. Le syndrome se transmet selon un mode dominant lié à l’X.

Le gène impliqué a été localisé sur le bras long du chromosome X en position Xq24-q27.1.

La prise en charge comprend une photo-protection et la détection précoce des carcinomes basocellulaires. Le traitement de ces derniers repose sur la chirurgie, voire sur la cryochirurgie ou l’imiquimod topique. La radiothérapie est contre-indiquée.

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SYNDROME DE COSTELLO

Le syndrome de Costello est un syndrome facio-cardio squelettique caractérisé par un aspect particulier du visage (gros crâne, grosses lèvres) un retard de croissance staturo-pondéral, un cutis laxa (peau lâche inélastique) surtout des mains et des pieds et une atteinte cardiaque dans 60% des cas.

Des difficultés neuro-psychologiques sont fréquentes.

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SYNDROME DE GORLIN

Le syndrome de Gorlin est une maladie héréditaire se caractérisant par un ensemble d’anomalies du développement et par une prédisposition à développer différents cancers.

Les manifestations cliniques incluent la présence de nombreux carcinomes baso-cellulaires (CBC), de kystes odontogéniques des mâchoires, d’une hyperkératose palmo-plantaire, des anomalies du squelette, des calcifications ectopiques intracrâniennes et une dysmorphie faciale (macrocéphalie, fente palatolabiale et anomalies oculaires sévères).
Les anomalies squelettiques (affectant la forme des côtes, des vertèbres et du crâne) sont fréquentes. Des troubles oculaires, génito-urinaires et cardiovasculaires peuvent également survenir.

Le syndrome est dû à des mutations du gène PTCH1 et est transmis sur le mode autosomique dominant, à pénétrance complète et à expressivité variable.

Un suivi régulier par une équipe multidisciplinaire (dermatologues, neurologues et odontologues) est indispensable. Les patients doivent éviter toute exposition excessive aux rayons UV.

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SYNDROME DE NETHERTON

Le syndrome de Netherton est une maladie rare génétique, caractérisée par :

  • Des poussées inflammatoires cutanées (peau rouge, prurigineuse, et parfois douloureuse).
  • Des anomalies des cheveux qui poussent mal, se cassent facilement et sont anormaux dans leur structure (aspect caractéristique au microscope dit de trichorrexie invaginata).
  • Des allergies fréquentes, notamment digestives. L’incidence est estimée à 1 sur 200 000 naissances.

MANIFESTATIONS CLINIQUES : PREMIERS MOIS DE VIE

Les manifestations cliniques sont présentes dès la naissance. La sévérité de l’atteinte cutanée est variable, mais la vulnérabilité du nouveau-né et du nourrisson incite à toujours considérer qu’il s’agit d’une maladie à risques de complications majeures avec parfois de grandes difficultés de prise en charge.

ÉVOLUTION DE L’ENFANT ATTEINT DE SYNDROME DE NETHERTON

L’évolution de la maladie dans le temps est variable : l’érythrodermie (rougeur diffuse de la peau) peut persister avec des desquamations importantes de la peau. Ces manifestations ressemblent à un eczéma (eczéma atopique) sévère et avec des démangeaisons importantes. Chez un certain nombre de patients, une amélioration notable de l’état cutané s’observe sans toute fois une guérison spontanée complète.

L’anomalie des cheveux, des cils, des sourcils est une caractéristique de ce syndrome. Les cheveux sont peu abondants, fragiles, poussent mal et tombent fréquemment, avec alternance de pousses et de chutes.

Dans l’évolution, la majorité des patients ont des manifestations atopiques (asthme, eczéma, allergies alimentaires, parfois manifestations d’urticaire, d’angio-œdèmes).

Ces manifestations justifient des bilans allergologiques. Le retard de croissance (prise de poids et de taille) est très fréquent.

CAUSE DE LA MALADIE

Le syndrome de Netherton est une maladie génétique, de transmission autosomique récessive (les 2 parents sont atteints de l’anomalie génétique même s’ils ne sont pas atteints eux-mêmes de la maladie). Le gène responsable de la maladie est le gène SPINK5. La mutation (l’anomalie de lecture) de ce gène entraîne un défaut d’une protéine dans la peau qui s’appelle LEKTI, l’absence de présence ou de qualité et de fonction de cette protéine entraîne une desquamation prématurée de la couche superficielle de la peau ainsi qu’une atteinte sévère de la fonction de barrière cutanée.

TRAITEMENT

À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement curatif du syndrome de Netherton. Les différentes mesures qui sont prises sont faites pour aider à améliorer des symptômes.

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SYNDROME DE ROTHMUND-THOMSON (SRT)

Le Syndrome de Rothmund-Thomson (SRT) est une génodermatose, autosomique récessive (les 2 parents transmettent la maladie, mais ne l’expriment pas), caractérisée par un aspect de poikilodermie localisé au visage dès l’enfance.

La poikilodermie peut s’accompagner d’un syndrome dysmorphique et d’anomalies osseuses congénitales, d’un retard de croissance des poils, ongles et dents, et d’un hypogonadisme. Une cataracte juvénile est observée chez environ la moitié des patients. Des anomalies squelettiques sont l’une des caractéristiques de ce syndrome et peuvent conduire à un fibrosarcome osseux (tumeur de l’os).

Le risque de carcinomes est le principal facteur de pronostic. Des mutations dans le gène RECQL4 helicase sont responsables d’un certain nombre de SRT.

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SYNDROME DE STEVENS-JOHNSON ET SYNDROME DE LYELL

Le syndrome de Stevens Johnson et syndrome de Lyell sont des toxidermies rares et sévères se caractérisant par des lésions bulleuses de topographie cutanée et ou muqueuse.

Ces syndromes correspondent à la même maladie et ne se différencient que par le pourcentage de surface atteinte. (Syndrome de Lyell > 30%, syndrome de chevauchement entre 10 et 30%, syndrome de Stevens Johnson <10 %).

Ils surviennent dans un délai de 4 à 28 jours après la prise d’un médicament dans la majeure partie des cas.

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SYNDROME D'EHLERS-DANLOS

Le syndrome d’Ehlers-Danlos est un groupe de maladies génétiques qui sont en rapport avec une anomalie du tissu conjonctif.

Elles sont caractérisées par une hyperlaxité cutanée, une hyperlaxité articulaire, des signes cutanés (cicatrices papyracées, hématomes), des signes vasculaires (ruptures artérielles, anomalies des valves cardiaques ou de la racine de l’aorte), des signes articulaires (luxations multiples, scoliose) qui sont variables en fonction du type de maladie.

Elles sont le plus souvent de transmission autosomique dominante.

Le diagnostic repose sur le tableau clinique et est confirmé par la biopsie cutanée avec analyse en microscopie électronique et/ou l’analyse biochimique des fibroblastes et/ou l’analyse génétique. Une surveillance clinique en particulier de l’atteinte cardiaque est nécessaire.

Le traitement est adapté à la forme clinique et est symptomatique (kinésithérapie, prévention des traumatismes, chirurgie vasculaire).

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SYNDROME D’HYPERSENSIBILITÉ MÉDICAMENTEUSE

Le syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse ou DRESS (drug reaction with eosinophilia and systemic symptoms) est une toxidermie rare et sévère.

Elle se caractérise dans la majeure partie des cas par une éruption cutanée associée à une fièvre, des ganglions palpables et une atteinte au moins d’un organe profond. Il s’y associe des perturbations du bilan biologique.

Elle survient dans un délai classiquement de 2 à 6 semaines après le début de la prise d’un médicament.

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SYNDROME D'OLMSTED

Le syndrome d’Olmsted se caractérise par le développement de plaques kératosiques épaisses, au niveau des plantes des pieds et des paumes des mains (kératodermie palmoplantaire) qui peuvent être suintantes et en péri-orificielles (en particulier autour de la bouche).

D’autres différentes manifestations cliniques peuvent s’associer, variables en fonction des familles. Il s’agit d’une maladie génétique rare, orpheline (sans actuellement de traitement curatif), de transmission généralement autosomique dominante ou récessive liée à l’X avec encore beaucoup d’inconnues.

Les traitements sont symptomatiques, visant à diminuer une hyperkératose, à réduire la douleur si nécessaire et à assurer la meilleure motricité fine.

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SYNDROME IFAP (ICHTYOSE FOLLICULAIRE ATRICHIE PHOTOPHOBIE)

Le syndrome ichtyose folliculaire atrichie photophobie (IFAP) est un syndrome génétique rare caractérisé par la triade ichthyose folliculaire, atrichie (absence de cheveux) et photophobie dès la naissance.

La prévalence est inconnue. Près de 40 cas ont été décrits à ce jour. Le syndrome IFAP touche essentiellement les garçons. Les filles vectrices, peuvent manifester certains des signes cliniques.

Les garçons ont tous une ichthyose folliculaire congénitale avec atrichie touchant le cuir chevelu, les sourcils et les cils, et une photophobie (se manifestant chez le nourrisson et le jeune enfant). Les femmes peuvent présenter des manifestations discrètes (lésions cutanées hyperkératosiques linéaires, pilosité corporelle de distribution asymétrique, plaques d’alopécie).

Le diagnostic repose sur les signes cliniques et sur l’analyse moléculaire du gène MBTPS2.

Si la mutation a été identifiée chez une mère conductrice, le diagnostic moléculaire prénatal peut être proposé. La transmission est récessive liée à l’X. La mutation peut aussi survenir de novo. Quelques cas de transmission autosomique dominante ont été rapportés.

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TACHES CAFÉ AU LAIT

Ce sont des taches présentes sur la peau. Comme leur nom l’indique, leur couleur est celle du café au lait (marron clair), mais la couleur peut varier du beige clair au marron foncé. La forme est le plus souvent ovalaire mais les bords peuvent être déchiquetés.

La taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Elles peuvent être présentes partout sur le corps ou le visage. La disposition des taches peut-être « éparpillée » ou limitée à une partie du corps. Elles peuvent être présentes à la naissance ou apparaître dans la vie.

Ces taches sont très fréquentes dans la population normale mais la présence d’un nombre important de taches doit faire suspecter une maladie génétique, la plus fréquente étant la neurofibromatose de type I.

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TOXIDERMIES

Ce sont des manifestations dermatologiques correspondant à un effet secondaire d’un médicament.

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TRICHOTHIODYSTROPHIES

La trichothiodystrophie (TTD) est une maladie rare probablement sous-diagnostiquée. Elle se définit par une anomalie du cheveu que l’on peut diagnostiquer simplement avec un examen au microscope muni de deux lentilles de polarisation.

Un dosage des acides aminés soufrés permet d’affirmer le diagnostic si le taux de cystéine est abaissé. La majorité des patients a une anomalie du gène XPD et une anomalie de la réparation de l’ADN in vitro, mais pas de photosensibilité exacerbée comme les patients atteints de xeroderma pigmentosum ni de cancers cutanés prématurés. Le suivi et les bilans seront fonction de la gravité de la maladie.

Une prise en charge spécialisée est souhaitable s’il existe un déficit des acquisitions psychomotrices ou d’organe en particulier et le patient sera orienté sur un praticien référent (neuropédiatrie, cardiopédiatrie, orthopédie…). Le tableau dermatologique nécessite rarement une prise en charge spécialisée. Un bilan de fertilité et un diagnostic prénatal sont à prévoir à l’âge adulte si un projet de procréation est en vue.

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TUMEURS ET MALFORMATIONS VASCULAIRES

Les anomalies vasculaires ou angiomes, regroupent les tumeurs qui correspondent à des lésions prolifératives ou hyperplasiques, et les malformations, qui elles correspondent à des anomalies de développement, ou dysplasies, de 1 ou plusieurs types de vaisseaux, en association ou non à des anomalies d’autres tissus.

La tumeur vasculaire la plus fréquente est l’hémangiome infantile, c’est une tumeur bénigne spontanément involutive sans séquelle dans la majorité des cas. Certaines formes compliquées peuvent nécessiter un traitement spécifique. Les autres tumeurs plus rares sont les hémangiomes congénitaux et les tumeurs potentiellement associées au phénomène de Kasabach-Merritt (thrombopénie profonde), qu’on appelle angiome en touffes et hémangioendothéliome kaposiforme.

Les malformations vasculaires peuvent toucher tous les types de vaisseaux (veines, artères, lymphatiques, capillaires) de façon isolée ou en association : malformation vasculaire complexe. Elles touchent le plus souvent la peau et les muscles mais des localisations viscérales ou du système nerveux central sont possibles dans certains cas. Les malformations vasculaires peuvent être associées à d’autres anomalies tissulaires, en particulier dans les cadre des syndromes hypertrophiques.

La plupart des anomalies vasculaires ne sont pas héréditaires, néanmoins il existe des formes familiales pour certains types de malformation vasculaire. Il n’existe pas à ce jour de traitement curatif des malformations vasculaires, dont la prise en charge est adaptée à la symptomatologie.

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VITILIGO

Le vitiligo est une pathologie dépigmentante ou hypochromiante dont la fréquence est estimée à 0,5% de la population générale sans prédominance de sexe ou de race.

La physiopathologie du vitiligo est complexe et son origine reste mal connue même si on dit désormais qu’il faut la combinaison de plusieurs facteurs pour développer la maladie dont un risque de transmission familiale clairement identifié dans des études récentes. Le vitiligo s’associe de façon préférentielle à certaines maladies auto-immunes dont la plus fréquente est représentée par les maladies de la thyroïde.

L’extension de la maladie est très variable, depuis des formes localisées de très faible étendue (les plus fréquentes) aux formes plus importantes dans lesquelles l’ensemble de la peau peut être dépigmentée. La communauté dermatologique sépare cette maladie en 2 entités : le vitiligo segmentaire d’un côté et le vitiligo généralisé ou non-segmentaire d’un autre côté. Cette distinction est importante car le traitement de l’une ou l’autre forme n’est pas le même.

La consultation auprès d’un patient atteint de vitiligo est une consultation longue qui est un temps d’écoute, d’échange, d’explications sur la maladie. Ce temps est nécessaire à la bonne compréhension des interlocuteurs, compréhension de la maladie par le patient qui est une garantie de la bonne application des conseils et traitements, mais aussi compréhension par le médecin de la douleur morale des patients face aux difficultés engendrées par leur maladie. En effet, la demande des patients atteints de cette dermatose « affichante » est très importante et le vitiligo peut représenter un vrai handicap sur le plan social et professionnel.

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XERODERMA PIGMENTOSUM

Le xeroderma pigmentosum correspond à l’incapacité pour l’organisme de réparer certains accidents survenus sur notre matériel génétique (ADN). Les yeux, la peau et le système nerveux sont les organes les plus fragiles.

Huit formes différentes de la maladie existent. La plus fréquente est la xeroderma pigmentosum de type C.


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